Détruite
à plusieurs reprises par les éléments
naturels et par des incendies, Fort de France offre un patrimoine
relativement récent. Ainsi, les deux monuments les plus attachants
de la ville, la Bibliothèque Schoelcher et la Cathédrale
Saint-Louis sont typiques de l'architecture métallique
qui marqua la fin du XIXème siècle.
Bibliothèque Schoelcher
Avec
sa coupole et ses façades colorées, la bibliothèque
Schoelcher est sans doute le plus beau monument de la ville.
Construite sur les plans de l'architecte Henri Picq, elle fut
d'abord présentée à l'Exposition Universelle
de 1889 à Paris, avant d'être démontée
et transportée par bateau jusqu'à Fort de France.
Destinée à accueillir la collection de livres
offerte par l'abolitionniste Victor Schoelcher, pour un accès
libre et gratuit de chacun à la culture, la bibliothèque
propose aujourd'hui un fond de 130000 livres et reste ouverte
à tous. Un éclairage nocturne met particulièrement
en valeur la structure du bâtiment qui ressemble étrangement
à une pagode.
Entrée gratuite le lundi de 13H à 17H30, du mardi
au vendredi de 8H30 à 17H30, et le samedi matin de 8H30
à 12H00. Tel : 05 96 70 26 67. Cathèdrale Saint-Louis
Edifiée
en 1671, la Cathédrale Saint-Louis n'échappe pas
au destin mouvementé de la ville. Incendiée par
les soldats de Ruyter, elle est détruite à plusieurs
reprises (tremblement de terre de 1839; incendie de 1890; cyclone
de 1891; tremblement de terre de 1953). L'édifice actuel
fut presque entièrement reconstruit en 1978 dans sa version
fin XIXème due à Henri Picq, l'architecte de la
Bibliothèque Schoelcher. L'intérieur vous surprendra
par son étonnante clarté. Ne manquez pas de jeter
un oeil aux Grandes Orgues et aux vitraux qui retracent l'histoire
de la ville..
Visite tous les jours de 6H15 à 11H30 et de 14H30 à
17H30. Messes : mardi, mercredi, vendredi à 6H45; samedi
à 18H30; dimanche à 7H30 et 10H30. Tel : 05 96
73 59 78. Fort Saint-Louis
Construit en 1638 au début de la colonisation, le
Fort Saint-Louis pris son aspect actuel au XVIIIème siècle.
Dominant la presqu'île qui barre l'accès à
la Baie du Carénage, il permit de repousser les tentatives
d'invasion de Ruyter en 1674 et de l'amiral Rodney en 1759.
3 ans plus tard, en 1762, ses imposantes murailles ne lui furent
d'aucun secours, lorsque les anglais s'emparèrent des
hauteurs avoisinantes pour le bombarder. Sa valeur stratégique
sérieusement amoindrie par les progrès de l'armement
moderne, Fort Saint-Louis fut progressivement abandonné,
jusqu'à être transformé en Zoo au cours
du XIXème siècle. Propriété de la
Marine Nationale, le Fort, base militaire en activité,
est ouvert au public lors de visites guidées.
Visite du mardi au samedi de 10H00 à 12H00 et de 14H00
à 15H00. Pièce d'identité obligatoire.
Tel : 05 96 73 59 78. Tarif : 25 €. Musée Départemental d'Archéologie
et de Préhistoire
Le musée permet de découvrir la Martinique
d'avant la colonisation. Ses 1500 pièces, issues de collections
privées et de récentes fouilles archéologiques,
retracent l'histoire amérindienne de l'île de -
4000 avant JC jusqu'à l'arrivée des premiers colons.
Visite du lundi au vendredi de 8H30 à 13H00 et de 14H00
à 17H00 Le samedi de 9H à 12H. 9 rue de la liberté,
97200 Fort de France. Tel : 05 96 71 57 05. Entrée :
adultes 2 €, enfants 1 €.
Architecture
métallique
Fille de la révolution industrielle du XIXème
siècle, l'architecture métallique remporte un
grand succès en Europe et bientôt aux Antilles.
Avant tout pratique, elle permet d'édifier des bâtiments
solides aptes à résister aux assauts des cyclones
ou aux secousses des tremblements de terre. En Martinique,
la ville de Fort de France ravagée par le terrible
incendie de 1890 puis achevée par le cyclone de 1891
va servir de terrain d'expérimentation. L'architecte
Henri Picq relève la cathédrale et construit
la Bibliothèque Schoelcher. La plupart des marchés
de l'île sont alors modernisés et dotés
d'un squelette de métal.
Victor
Schoelcher (1804-1893)
Fils d'un porcelainier parisien, Victor Schoelcher milite
dès sa jeunesse pour l'émancipation des noirs
et l'abolition de la peine de mort. Devenu sous-secrétaire
d'Etat à la Marine et aux Colonies lors de la révolution
de 1848, il signe le 27 avril 1848 le décret définitif
d'abolition de l'esclavage. Une carrière politique
mouvementée l'amène à devenir député
de la Guadeloupe en 1849, puis sénateur après
1870. Pendant toutes ces années, il militera entre
autre pour un accès libre et gratuit de chacun à
la culture. (Voir Bibliothèque Schoelcher).