• Ruines à Saint-Pierre après le cyclone de 1891.

Les cyclones en Martinique depuis le XVIIème siècle

Les sources historiques remontant au début de la colonisation de l'île permettent de retracer l'histoire des cyclones et des principales tempêtes tropicales ayant frappé la Martinique depuis le XVIIème siècle.

Plusieurs centaines en quatre cents ans, dont certains  marquèrent plus particulièrement les mémoires par leur violence et le bilan terrible des pertes occasionnées : Le Grand Ouragan de 1780, le cyclone de 1891, et plus proches de nous, Dorothy en 1970.

XVIIème siècle

1642
Le Père Dutertre dans son Histoire générale des îles de Saint-Christophe, de la Guadeloupe et de la Martinique (1654) rapporte que trois cyclones frappèrent ces îles en cette seule année. A chaque fois les dégâts sont importants. Les frêles cases en bois sont soufflées par les rafales de vent, et la majorité des plantations anéantie.


1666
Le 15 août au soir un cyclone s'abat sur le nord des Petites Antilles. La flotte anglaise de l'amiral Francis Willoughby de Parham est coulée alors qu'elle tente de reprendre l'île de Saint-Christophe aux français. 6000 marins meurent noyés. En Guadeloupe, les pertes matérielles sont immenses alors qu'en Martinique seules quelques cases et cultures sont endommagées.

1672
Le 24 août un cyclone s'acharne sur la Martinique pendant près de 24h. Les champs de canne et les plantations de café sont anéantis ainsi que plusieurs moulins et sucreries. Un raz de marée déferle sur la côte nord caraïbe et rase une partie des faubourgs de Saint-Pierre allant même jusqu'à ébranler les murailles du fort.

1680
Dans la nuit du 12 au 13 août, l'île est dévastée par un nouveau cyclone. La plupart des habitations sont démolies et deux tiers des sucreries disparaissent. A Fort de France, les maisons et le fort voient leurs toitures arrachées. Les biens entassés dans les magasins du Roi et dans les entrepôts des marchands sont noyés sous les violentes averses de la tempête. Dans la baie, de nombreux bateaux font naufrage.

1694
Dès le 5 octobre, la Martinique commence à sentir les effets d'un cyclone en approche. Les vents sont violents et renversent les cultures. Mais c'est dans la nuit du 8 au 9 octobre que l'ouragan prend toute son ampleur. Poussée par les vents tourbillonnants, une immense vague frappe la ville de Saint-Pierre, coulant les navires à l'ancre dans la rade et détruisant les quartiers du Mouillage et de la Galère.

XVIIIème siècle

1713
Le 4 septembre au soir, un cyclone dévaste la côte sous le vent de la Martinique. Jusqu'à 6 heures le lendemain matin, des bourrasques et des précipitations extrêmement violentes pulvérisent les plantations de canne et de cacao, déracinent les arbres fruitiers et emportent les toitures de nombreux bâtiments à travers toute l'île. Fort de France et Saint-Pierre sont particulièrement atteintes. Les fortifications ont souffertes, de nombreuses maisons ont été soufflé, les entrepôts éventrés, tandis qu'en mer les navires coulent sur place ou sont jetés à la côte. Rien que dans la rade de Saint-Pierre, vingt bateaux disparaissent provoquant la mort d'une centaine de marins.

1724
En 1724, la Martinique n'est pas à proprement parlé touchée par un cyclone, mais après une saison des pluies (Hivernage) particulièrement active ayant gorgé d'eau les sols et gonflé les cours d'eau, la tempête tropicale qui s'abat sur l'île du 9 au 11 novembre provoque de graves inondations. Fort de France échappe en partie au désastre, mais ailleurs c'est la désolation. Les plaines agricoles sont parfois couvertes de trois mètres d'eau, et les rivières transformées en torrents ont emporté moulins, ponts et bâtiments. De nombreuses personnes meurent noyées ou ensevelies par des glissements de terrain.

1753
Le 1er octobre au petit matin, un cyclone ravage une partie de l'île. De nombreux bateaux finissent à la côte, alors qu'à terre, la ville de Fort de France est fortement éprouvée. Les charpentes des toitures du fort et de nombreuses maisons cèdent sous la pression de vents tourbillonnants, tandis que dans les campagnes les champs sont dévastés.

1756
Le 12 septembre vers quatre heures du matin, un cyclone passe sur le sud de la Martinique.  La région du Cul de Sac du Marin est quasiment rasée. Maisons, église, entrepôts, tout a été soufflé. Aux Anses d'Arlet et à Fort de France, les dégâts sont également importants, alors que le nord de l'île est quasi épargné. Au même moment, une vingtaine de bateaux marchands et deux navires de la marine royale coulent ou finissent disloqués sur la côte provoquant la perte de plus de cinq cent hommes.

1758
L'après-midi du 23 août 1758, un cyclone ravage la côte atlantique de la Martinique abattant systématiquement cultures et bâtiments entre les bourgs de Trinité et de Sainte-Anne. La Trinité est quasiment rayée de la carte, son fort rasé. Les bourgs du François, du Vauclin, du Marin, de Rivière-Pilote et de Sainte-Anne subissent le même sort. A l'inverse, la partie ouest de l'île échappe au plus fort de la tempête. A Fort de France, par exemple, seules quelques toitures se sont envolées. Mais à  Saint-Pierre, il en va tout autrement. Un raz de marée provoqué par l'ouragan détruit une quarantaine de bateaux mouillés dans la rade et avale les premières rangées de maison alignées au bord de l'eau. Dans les terres, la majorité des cultures sont perdues et très vite la population de l'île se trouve confronter à de sérieux problèmes de subsistance. Les denrées alimentaires manquent au point, qu'exceptionnellement, une entorse est faite au régime de l'Exclusif réservant le monopole du commerce des îles des Antilles françaises à la métropole. L'interdiction des échanges  avec l'étranger est levée par les autorités pour permettre aux martiniquais de se ravitailler auprès de marchands anglais et hollandais.

1766
Dans la nuit du 13 au 14 août, l'île est anéantie par un puissant cyclone. Aucune région n'y échappe et les pertes sont immenses. On dénombre plus de 500 morts et 580 blessés. Aux Trois-Ilets, l'habitation Tascher de La Pagerie où est née trois ans plus tôt Joséphine de Beauharnais est dévastée par le vent. A la Trinité, le fort a été une nouvelle fois rasé, de nombreuses maisons abattues, tout comme au Robert. Les villes de Saint-Pierre et de Fort de France sont également durement touchées. On y compte plus les maisons effondrées, les toitures envolées et les victimes ensevelis sous les décombres. Dans les campagnes, la majorité des plantations est détruite au point qu'il est difficile pendant de longs mois de nourrir la population. D'autant que la plupart des bâtiments agricoles, les moulins, les sucreries, les purgeries, les cases à bagasse, les cases à esclaves ont été démoli et qu'il faudra du temps pour relancer la production. En mer 80 navires disparaissent dans les rades de Saint-Pierre et de Fort de France.

1779
Dans la nuit du samedi au dimanche 29 août, la Martinique subit les assauts d'un puissant cyclone. Le nord atlantique de l'île du côté de Basse-Pointe est particulièrement touché, mais le désastre est général. Les plantations sont complétement anéanties et la plupart des bâtiments soufflée. Dans la rade de Saint-Pierre une quinzaine de bateaux font naufrage ainsi que deux navires du roi dans la baie de la Trinité.

1780, le Grand Ouragan
Le 11 octobre, après avoir dévasté  la Barbade, et causé plus de 6000 morts à Sainte-Lucie, le plus ravageur des cyclones ayant jamais touché la Martinique dévaste l'île laissant derrière lui près de 9000 victimes. La cathédrale de Fort de France est renversée ainsi que l'hôpital (500 malades sont ensevelis), 7 églises et 1400 maisons, mais c'est la ville de Saint-Pierre qui est touchée de plein fouet. On y dénombrera plus de 1000 morts et la destruction de près de 150 habitations rayées de la carte par un puissant raz de marée dont la hauteur fut estimée à 8 mètres. Le fort s'effondre également sous l'impact de la vague, tandis que dans la rade c'est la débâcle.  Des dizaines de bateaux de toutes tailles coulent avec leurs équipages. Dans les environs, les bourgs du Prêcheur et du Carbet sont également dévastés par le raz de marée. En mer un convoi d'une cinquantaine de navires de guerre français disparaît avec 5000 hommes de troupe. Quittant la Martinique le cyclone poursuit sa route meurtrière vers le nord des Caraïbes et dévaste la Dominique, Saint-Eustache et Puerto-Rico...

1788
Le 14 août, des vents puissants touchent la côte caraïbe de l'île ruinant les bourgs et les campagnes situés entre le Prêcheur et le Carbet. Le cyclone fera une dizaine de victimes.

 XIXème siècle

1804
Le 3 septembre, un raz de marée provoqué par un cyclone approchant par l'ouest déferle sur la côte caraïbe. A Saint-Pierre, dix-sept bateaux de commerce coulent ou sont jetés à la côte. Et à Fort de France sept navires disparaissent dans la rade. Heureusement aucune victime n'est à déplorer.

1813
Le 23 juillet vers cinq heures du matin, un ouragan soufflant du nord-ouest dévaste le nord de la Martinique. Les églises du Robert et de Macouba sont démolies ainsi que de nombreuses maisons. A Saint-Pierre, les entrepôts et les boutiques de commerçants installés sur le front de mer sont emportés par les vagues. Dans la rade une quarantaine de bateaux sont coulés.

1883
Dans la nuit du 4 au 5 septembre, un cyclone s'abat sur la Martinique. A Saint-Pierre, vingt bateaux sont jetés à la côte et de nombreuses toitures sont arrachées par le vent. Rien que dans cette ville les dégâts seront évalués à plus de 2 millions de francs de l'époque. Ailleurs, les dégâts sont également très importants. Au Morne Rouge la plupart des bâtiments sont endommagés, à Sainte-Marie la toiture de l'église est en partie emportée, et du Carbet au Lamentin les plantations sont soit inondées, soit arrachées par le vent.

1891
Dans la nuit du 18 au 19 août un puissant cyclone ravage Fort de France, ainsi qu'une grande partie de l'île. Dans la capitale, l'hôpital militaire s'effondre sur les patients qui y sont soignés, le Grand Marché couvert et son armature métallique s'affaisse sur les gens rassemblés là, croyant trouver ici un refuge, et la place de la Savane est dévastée. A Saint-Pierre, 15 navires sombrent dans la rade. La commune du Morne Rouge est durement touchée. Seul quatre maisons y tiennent encore debout, l'église et la mairie se sont effondrées. On y dénombre 21 morts et de nombreux blessés. Au François, les deux-tiers des maisons sont détruites, ainsi que le presbytère et l'église. Le bourg du Vauclin est rasé, ceux du Robert et du Lamentin en partie dévastés. Au Gros Morne, plus une maison ne tient debout et vingt-six victimes ensevelies sous les décombres. Dans le reste de l'île, plus de 400 personnes décéderons lors de cet épisode cyclonique, et plus de 60000 se retrouvèrent sans abris soit plus d'un tiers de la population de l'époque (175000 habitants). Sur le plan économique, le cyclone est une catastrophe. Les plantations de banane et de canne à sucre sont ravagées ainsi que la plupart des cultures vivrières. La nourriture manque et les martiniquais ne subsistent en grande partie que grâce aux dons de vivres envoyés des îles voisines (Guadeloupe, Dominique, Sainte-Lucie). Quant à l'industrie sucrière et rhumière, elle compte ses pertes. 18 usines à sucre sont fortement endommagée, et  celle du Galion littéralement rasée, tandis qu'en mer disparaissaient 1500000 litres de rhum et plusieurs centaines de tonnes de sucre avec les navires qui les portaient.

 XXème siècle

1903
Un violent cyclone touche l'île. Une centaine de maisons sont détruites avant qu'il ne poursuive sa route vers la Jamaïque et Cuba. Dans le nord, plusieurs des villages reconstruits après l'éruption du 8 mai 1902 sont durement touchés. La commune du Lorrain est la côte nord atlantique de l'île sont frappées par un raz de marée.

1951 Dog
Le 2 septembre vers huit heures du matin le cyclone Dog saccage une grande partie de l'île, notamment ses régions Est et Sud, les plus exposées aux rafales de vent (180 km/h) et aux vagues de six à huit mètres déferlant sur la côte. Plus d'un millier de maisons sont détruites, des routes coupées, les réseaux électriques et téléphoniques mis hors service. Dix mille martiniquais se retrouvent sans abri. Dans les campagnes, les bananeraies sont détruites à plus de 90%,  les champs de canne à 30%, et les cultures vivrières à 80%.

1963 Edith
Avec des vents dépassant les 200 km/h le cyclone Edith frappe durement la Martinique dans la nuit du 24 au 25 septembre. De nombreuses toitures de maison n'y résistent pas, tandis que d'énormes précipitations provoquent crues et glissements de terrain. A Fort de France les quartiers de Briand, de Coridon, de Redoute, du Morne Pichevin et de Volga Plage sont les plus touchés. Au Morne Rouge, 90% des habitations sont endommagées, au Marin 90 maisons sont entièrement détruites. A travers toute l'île de nombreux édifices religieux et publics (écoles, gendarmerie, hôpitaux) ont perdu leurs toitures. Les bananeraies sont détruites à 100%, et les champs de canne à 35%. Le bilan humain est lourd. On dénombre 10 morts, 35 blessés et des milliers de sinistrés. 5000 familles ont tout perdu. L'île de Sainte-Lucie est également touchée.

1967 Tempête tropicale Beulah
Inhabituellement fortes, les précipitations occasionnées par la tempête tropicale Beulah le 9 septembre 1967 provoquent de nombreuses crues et quelques glissements de terrain meurtriers. En moins de vingt-quatre heures la Martinique va recevoir l'équivalent d'un mois de pluie (moyenne du mois de septembre, le plus pluvieux de l'année). Les cultures sont noyées, des dizaines de maisons emportées par les cours d'eau, et 450 personnes sans abri. A Fort de France on relève jusqu'à 1m20 d'eau dans les rues du centre-ville. A travers toute l'île on comptera 14 victimes.

1970 Cyclone Dorothy
Le 17 août, le système cyclonique Dorothy est repéré à quelques 2000 kilomètres des Petites Antilles. Le 20 août l'œil du cyclone passe sur le sud de la Martinique déversant des trombes d'eau sur l'île. 570 litres par m2 en 24H, un record de précipitations jamais dépassé depuis. Ce sont ces pluies plus que le vent (110 km/h en moyenne) qui provoquèrent des ravages. Le ruissellement occasionne de nombreux glissements de terrain et gonfle les rivières. Les routes sont coupées, des ponts sont arrachés et des maisons trop près des cours d'eau emportées. A Fort de France, la rivière Madame sort de son lit et inonde une partie du centre-ville et le quartier des Terres Sainvilles. L'esplanade de la cathédrale baigne dans 85 centimètres d'eau.44 morts sont retrouvés après l'évènement, dont 20 dans le seul quartier de Rivière l'Or (Saint-Joseph), le plus touché. 186 maisons furent détruites et 700 personnes se retrouvèrent sans abri.

1979 David
Le 22 août un système cyclonique est identifié au large du Cap Vert.  Sa  trajectoire semble obliquée vers les Petites Antilles, et la puissance du phénomène s'intensifie au cours de sa lente traversée de l'atlantique. Le 29 août, classé en catégorie 4, son centre passe sur la Dominique occasionnant de terribles ravages, puis se dirige vers le nord des Caraïbes, se renforçant encore (catégorie 5), dévastant la République Dominicaine (2000 morts), avant de s'essouffler au-dessus des Bahamas et des côtes de Floride. A l'exception du nord-est de l'île, la Martinique est peu touchée. Les rafales de vent mesurées jusqu'à 220 km/h sur la presqu'île de la Caravelle ont bien soufflées quelques maisons (500 sans-abri), quelques écoles, quelques églises (Grand-Rivière, Robert, Sainte-Marie) et fortement endommagé les cultures, mais on ne déplore aucune victime contrairement à l'île voisine. Au coeur de la trajectoire du cyclone de catégorie 4 (vent à 240 km/h), la Dominique est balayée. Quatre-vingt pourcents des maisons de l'île sont détruites ou endommagées par les bourrasques ou par les précipitations qui accompagnent l'ouragan. La capitale, Roseau, a des allures de ville bombardée. Cinquante-six personnes mourront pour la plupart ensevelies sous des ruines ou emportées par des glissements de terrain.

1980 Allen
Le 4 août, Allen un cyclone de catégorie 5 dont l'œil passe à vingt kilomètres au sud de Sainte-Lucie touche les Petites Antilles avant de remonter vers Haïti et les Etats-Unis laissant derrière lui plus de 290 victimes. Eloignée de la trajectoire, la Martinique échappe de peu au désastre. Mais on dénombre néanmoins de nombreux dégâts parmi les habitations, plus de mille détruites ou fortement endommagées, et les plantations. Sur les côtes, la houle a emporté la plupart des plages des hôtels, les pontons et les établissements situés au bord de l'eau.

1988 Gilbert
L'ouragan Gilbert, le plus puissant jamais mesuré à l'époque dans l'atlantique, n'en est qu'au stade de tempête tropicale quand en provenance de la Barbade, il passe au large des côtes martiniquaises se renforçant petit à petit, avant d'aller frapper durement la Jamaïque et le Mexique provoquant la mort de 430 personnes. Sur son trajet, les îles des Petites Antilles (Barbade, Sainte-Lucie, Martinique, Dominique, Guadeloupe) subissent d'intenses précipitations. Des crues se déclenchent, des glissements de terrains emportent quelques maisons et coupent les axes routiers. En Martinique, les plaines et les zones situées dans des cuvettes sont inondées. Les communes de Rivière-Pilote, du François, de Rivière Salée, du Saint-Esprit et du Lamentin sont submergées par des fleuves de boue. A Fort de France, les quais disparaissent emportés par les vagues, tandis que dans le nord Caraïbe, la route reliant Saint-Pierre au bourg du Prêcheur est coupée par des éboulements.

1993 Tempête tropicale Cindy
Le 14 août, en moins de vingt-quatre heures, la Martinique est inondée par des précipitations atteignant par endroits trois cents litres au mètre carré. Le nord de l'île est le plus sévèrement touché. Des glissements de terrains et des torrents de boue dévastent en partie, les bourgs de Grand-Rivière et du Prêcheur. A Saint-Pierre, le Carbet, Bellefontaine et le Lamentin, certains quartiers sont sous les eaux. Le bilan officiel du passage de la tempête fera état de deux morts et de plusieurs centaines de sans-abri. Un mois plus tard une onde tropicale provoquait de nouveaux dégâts au Prêcheur et à Saint-Pierre.

1995 Tempête tropicale Iris 
Le 26 août, à peine deux ans après Cindy, la tempête tropicale Iris déverse des trombes d'eau sur la Martinique. Plus de trois-cents litres par mètre carré mesurés au François. Partout, les cours d'eau sortent de leurs lits et inondent les zones basses. Rivière-Pilote est encore une fois submergée. Des pans entiers de collines sont emportés par des glissements de terrain et la plupart des routes de l'île coupées. Les vagues ont ravagée les plages de la côte Caraïbe du Prêcheur jusqu'aux Trois-Ilets. L'anse Céron et les plages de la Pointe du Bout disparaissent complétement, emportées par les flots. A Fort de France, le front de mer est sinistré. Au Vauclin, on déplore la mort de deux personnes âgées ensevelies sous les ruines de leur maison.

1995 Luis
Le 4 septembre, soit quelques jours après le passage d'Iris, Luis, un puissant cyclone de catégorie 4 né au large du Cap Vert passe sur le nord des Petites Antilles affectant principalement les îles d'Antigua, d'Anguilla, de la Dominique, de la Guadeloupe, de Saint-Martin et Saint-Barthélemy.  En Martinique, la houle générée par l'ouragan endommage grandement les côtes de l'île, aussi bien du côté atlantique que caraïbe. Les plages du Prêcheur et du Carbet sont de nouveaux touchées, les quais de Fort de France encore une fois inondés. Au moment du reflux, on trouvera des algues jusqu'aux pieds de la Bibliothèque Schoelcher. De l'autre côté de la baie, ce qui restait des plages de la Pointe du Bout après le passage d'Iris est emporté par la mer, et plusieurs voiliers finissent à la côte après avoir rompu leurs amarres. Aux Anses d'Arlet, la plage de Grande-Anse a disparu, tout comme l'appontement de Saint-Pierre.

1999 Lenny
La houle provoquée par le passage de l'ouragan Lenny dont l'œil passe pourtant nettement au nord des Petites Antilles est source de nombreux dégâts sur la côte caraïbe de l'île. Le 17 novembre, alors que la saison cyclonique touche à sa fin, du Prêcheur aux Anses d'Arlet, les plages sont emportées et les pontons d'accostage disloqués. Au Prêcheur, une cinquantaine de maisons sont détruites et près de 180 personnes se retrouvent à la rue.

 XXIème siècle

2007 Dean
Repéré au large du Cap Vert, une dépression se creuse et s'amplifie en traversant l'atlantique au point d'atteindre le statut de cyclone de catégorie 2 à son approche des Petites Antilles. Dans la nuit du 16 au 17 août, une forte houle et des vents violents commencent à malmener les îles de l'arc antillais. Vers cinq heures du matin, quelques toitures de maisons s'envolent en Martinique, la station météo du Marin enregistre des rafales de vent à plus de 200 km/h et des vagues de dix mètres de haut sont observées dans le canal de Sainte-Lucie.  L'œil de l'ouragan Dean approche et passe vers huit heures  entre la Martinique et l'île de Sainte-Lucie. Les rafales de vent mesurées à 215 km/h, et les pluies torrentielles (330 mm en 24h) provoquent de gros dégâts à terre, tandis qu'en mer, une houle dévastatrice s'acharne sur les côtes. A Sainte-Anne, la Pointe Marin est dévastée.

La plage et ses magnifiques arbres ont disparu. Au bout de la presqu'île, l'anse des Salines est aussi défigurée. Dans les bourgs du Diamant, de Sainte-Luce et du Marin on ne compte plus les toitures arrachées et les infrastructures abimées. A Rivière-Pilote, une crue submerge la ville tandis qu'à travers toute l'île, inondations et arbres abattus coupent la plupart des axes routiers. Certains quartiers de Fort de France sont inondés et dans la baie les vagues emportent les plages de la Pointe du Bout, avalent l'anse Mitan et jettent quelques voiliers à la côte. Le réseau électrique saute privant 95% des foyers martiniquais d'électricité. Dans les campagnes,  100% des bananeraies et 70% des champs de canne à sucre sont pulvérisés. Puis progressivement, vers onze heures du matin, les conditions climatiques deviennent moins extrêmes. Dean s'éloigne en remontant vers le nord-ouest en direction de la Jamaïque et du Yucatan tout en se renforçant. Le 21 août il frappera les côtes mexicaines après avoir atteint le stade d'ouragan de catégorie 5.

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Carte Martinique
Martinique