En arrivant par la route
côtière qui longe la mer caraïbe, vous entrez
dans Saint-Pierre par le quartier du mouillage. Garez votre véhicule
près du bord de mer et entamez votre visite à pieds
(la ville est petite). Ou bien, profitez du Cyparis Express, petit
train touristique qui vous mènera de site en site.
Le Théâtre
Construit
à la fin du XVIIIème siècle sur le modèle
du grand théâtre de Bordeaux, le théâtre
de Saint-Pierre témoigne de la richesse de la ville
et de sa vie culturelle. Des spectacles, des concerts y sont
donnés par des troupes locales ou de métropole.
Il sert aussi de lieu de réunion. Pendant la période
politiquement agitée qui suit l'abolition de l'esclavage
en 1848, de nombreux orateurs viennent y haranguer le public.
Lourdement déficitaire, le théâtre est
fermé en 1901. Un an avant l'éruption. Il en
reste aujourd'hui, un magnifique escalier, et les vestiges
des loges du parterre et de la scène.
Le Cachot de Cyparis
Juste
derrière le théâtre, ce trouve le cachot
entièrement intact de l'ancienne prison. C'est là
que quatre jours après la catastrophe les sauveteurs
entendirent les appels désespérés de Cyparis
et le secoururent. Emprisonné à la suite d'une
rixe, l'unique survivant de Saint-Pierre doit la vie aux lourds
murs de pierre du cachot, et à son orientation, dos au
Mont-Pelé, qui le protégèrent de la nuée
ardente. Gravement brûlé, Cyparis est enrôlé
par le cirque américain Barnum, pour être exhibé
de part le monde comme un phénomène de foire.
(Certains mettent en doute cette version de l'histoire. Voir
encadré.).
Les
Maisons de Commerce du Figuier
Face
à la rade se trouvent les ruines d'anciens établissements
de commerce dans lesquels étaient entreposées
les multiples marchandises qui transitaient par le port de Saint-Pierre.
Protégés en partie par la Batterie d'Estnoz lors
de l'éruption, les murs ne furent pas soufflés
par la nuée ardente et sont encore visibles aujourd'hui.
C'est ici que commence le circuit du Cyparis Express.
La
Rue Monte-au-Ciel
En
traversant la rivière Roxelane par le Pont de Pierres,
unique édifice rescapé de l'éruption, vous
accédez au Quartier du Fort. C'est ici, entre les ruines
de l'ancienne église et de la Chefferie du Génie,
que se trouvent les sites les plus attachants de la ville. Les
vestiges de la rue Monte au Ciel, en particulier, ne manqueront
pas de vous charmer. Cette ancienne ruelle en escalier gravit
à flanc de colline, les hauteurs du nord de la ville.
Bordée par des maisons et des petits immeubles de rapport,
dont il ne reste que des pans de mur, elle est connue à
l'époque pour être un lieu particulièrement
animé, apprécié des marins, des dockers
et des soldats nombreux à arpenter le quartier. (Voir
encadré). Déblayée et restaurée
en 1991 par une équipe d'archéologue, elle témoigne
avec la rue Levassor, du niveau de vie et de confort atteint
par la ville de Saint-Pierre, Le sol est pavé, des lampadaires
assurent l'éclairage public, de large caniveaux évacuent
les eaux usées et les trombes d'eau des pluies tropicales.
La
Maison Coloniale de Santé
La
rue Levassor vous permet de rejoindre, à quelques centaines
de mètres, les ruines de la Maison Coloniale de Santé.
Construite en 1839, la maison de santé est le premier
hôpital psychiatrique des Antilles. Les soeurs de Saint-Paul
qui le dirigent emploient pour soigner les malades, une méthode
novatrice : l'hydrothérapie. Le patient est plongé
dans des bains d'eau fraîche en provenance des sources
du Mont-Pelé, attaché pour être douché
au jet, puis cloîtré dans sa cellule. Traitement
brutal, mais en progrès, comparé au moyen âge,
où les médecins vous incisaient la boîte
crânienne, à la recherche d'une pierre, la "pierre
de la folie", supposée être source de votre
maladie.
La
Chefferie du Génie
Juste
en face de la Maison Coloniale de Santé, se trouvent
les bâtiments de l'ancienne Chefferie du Génie.
Les hommes chargés de la construction et de l'entretien
des ouvrages civils et militaires y avaient établis leurs
quartiers et y entreposaient leur matériel. Le site a
été dégagé récemment (1987)
par des archéologues qui poursuivent encore aujourd'hui
leurs travaux. Le bâtiment principal a été
complètement restauré, et les bassins du jardin
dégagés.
L'église du Fort
De
l'ancienne Eglise du Fort, surplombant la mer, ne subsiste qu'un
tas de ruines envahie par les herbes folles. Les fondations
sont encore visibles, des chapiteaux et des colonnes renversés
jonchent le sol et témoignent de la violence de l'explosion.
La construction était solide, mais ne fut d'aucun secours
aux nombreux fidèles qui s'étaient réunis
là, apeurés par les premiers signes d'activité
volcanique, priant jour et nuit pour leur salut.
La Cathédrale et le Cimetiére
du Mouillage
Beaucoup
d'autres habitants de la ville moururent, surpris dans leurs
prières, au milieu des ruines de la cathédrale
en feu. Depuis l'édifice a été reconstruit
à l'identique (1924) grâce à la contribution
financière de Victor Depaz, seul rescapé et riche
héritier de la famille exploitant l'habitation du même
nom. Derrière la cathédrale, se trouve le grand
cimetière du mouillage et son ossuaire où furent
rassemblées les dépouilles des victimes de l'éruption.
Cyparis. Survivant ou affabulateur?
Cyparis passe pour être le seul survivant de la catastrophe
de Saint-Pierre. Prisonnier, protégé par son cachot,
il aurait échappé au massacre. Certains, dont
le journaliste du Petit Paris dépêché sur
place après l'éruption, ne croient pas à
la version de l'homme miraculeusement sauvé des décombres.
Que Cyparis ai pu survivre à la chaleur dégagée
par la nuée ardente puis à quatre jours de jeune,
leur semble impossible. Ils penchent plutôt pour la thèse
d'un pillard surpris dans sa maraude, inventant ce conte pour
se disculper. Le Président de la Cour d'Appel mettra
fin à cette polémique en confirmant que Cyparis
était bien enfermé dans son cachot dans la nuit
du 7 au 8 mai.
La rue Monte au Ciel :
"Là, s'amusaient rageusement, la populace, les marins
et les soldats de passage dans la ville. Ils s'y livraient à
d'effroyables orgies, à des bacchanales impossibles à
décrire. Le bal finissait ordinairement par des bagarres
formidables, des combats à coup de triques, de verres
et de bouteilles! Très dangereux durant la nuit du samedi,
le haut de cette rue!"
Salvina, "Saint-Pierre : La Venise tropicale (1870-1902)"
Musée Volcanologique Franck-A.Perret
Créé en 1932 par le volcanologue américain
Franck-A.Perret, le petit musée volcanologique de la
ville présente ses collections de photos sur Saint-Pierre
avant et après l'éruption, ainsi qu'une belle
série d'objets exhumés des cendres. Vous y verrez
notamment l'ancienne cloche (le bourdon) de la cathédrale,
éventrée par l'explosion et déformée
par la chaleur.
Rue Victor Hugo sur l'ancienne Batterie d'Estnoz. Ouvert tous
les jours de 10H à 17H. Entrée : 2 €. Tel
: 05-96-78-15-16.