Implication de chaque Martiniquais dans la vie de son île.

Antoine    30-11-2008 à 12h53 | Lu 2891 fois

Implication de chaque Martiniquais dans la vie de son île.

Nous avons les pieds sur le sol de notre île, mais la tête ailleurs. Les plus âgés avaient et ont pour certains la tête en France, presque tout leur raisonnement et espérances sont basés sur la France. Ils ont le désir de ressembler au plus près à la France, ils voyaient pour certains et voient pour d'autre dans la France le modèle salutaire. Vouloir vivre comme en France, alors que nous sommes en Martinique. Nous avons ainsi adopté un système de vie qui ne s'accorde pas avec nos îles, mais plus encore avec la vie même de la planète terre. Ou en sommes-nous aujourd'hui ?

Hélas, aujourd?hui nous n?avons pas beaucoup progressé vers une implication dans notre ile. Certains me diront que j?exagère et noircis le tableau.
Non, je n?exagère en rien. A la question ; aujourd?hui vivons nous en harmonie avec la nature et les réalités naturelles de nos iles ? La réponse est hélas NON.

Voici quelques exemples :

Le premier concerne la préparation à faire face à un séisme majeur. Sommes-nous prêts ? NON, à chaque secousse, nous sommes nombreux à faire tout et n?importe quoi pour tenter de rester en vie, pourquoi ? Simplement parce que la préparation n?est pas suffisante, nous faisons de la sensibilisation et non de la préparation. Prenons l?exemple du Japon qui ne fait pas de la sensibilisation mais de la préparation, les exercices sont quotidiens dans les écoles, bâtiments publics et privés etc. De ce fait, les gestes qui sauvent deviennent des réflexes acquis tout comme la conduite automobile. Si nous voulons vraiment nous préparer et sauver des vies, nous devons procéder à des exercices quotidiens. La mise aux normes des bâtiments publics et autres trainent en longueur également. Si un séisme majeur se produisait aujourd?hui, pensez-vous que les bâtiments scolaires abritant vos enfants sont aux normes et sécuriseront vos rejetons ? Je salue les initiatives du genre ? les journées réplik ?, c?est bien, mais une semaine par an ce n?est pas suffisant, il faut que ce soit quotidien pour les raisons que j?ai évoqués plus haut.

Deuxième exemple, le risque cyclonique, sommes-nous prêts à faire face a un ouragan majeur ? NON. Combien sommes-nous à posséder une trousse de secours, faire des réserves d?eau, de denrées non périssables etc. ? Pour évaluer notre manque de préparation, il suffit d?observer les comportements dans les hyper et supermarchés à l?annonce d?un ouragan, nous nous ruons dans les rayons au dernier moment alors que nous avions tout le temps avant. Nous observons les mêmes comportements dans les stations services. Là aussi, nous devons faire de la préparation et non pas de la sensibilisation.

Troisième exemple, la pollution. Beaucoup d?entre nous ne respectons pas la nature. Dans les quatre coins de l?île nous rencontrons des dépôts sauvages d?ordures et encombrants. Nous nous comportons comme si la Martinique n?était pas notre lieu de vie, cela équivaut presque à faire de nos maisons des ? décharges sauvages ?. Mais combien d?entre nous transformons nos maisons en décharge sauvage ? A mon avis je n?en connais aucun, parce que nous avons le respect de la propreté dans nos maisons. Mais alors, pourquoi se comporter comme des pollueurs sans vergogne dès que nous sommes à l?extérieur de nos maisons ? A mon sens, c?est un manque de respect de notre île du fait d?un manque d?implication dans la vie de celle-ci. Nous vivons ici avec les pieds en Martinique, mais la tête ailleurs, nous vivons notre vie quasiment par procuration devant la tv, les journaux, internet etc. Nous sommes plus souvent au fait d?évènements se déroulant ailleurs que ceux qui se déroulent chez nous. Nous avons souvent cette impression que ce qui se fait chez nous est de moindre valeur et qu?il faut avoir sans cesse les yeux rivés sur un ailleurs d?où on a l?impression que le salut viendra.

Certains ont les yeux rivés sur la France, d?autres sur les USA, la Jamaïque etc. La France c?est surtout les plus âgées d?entre nous, les USA et la Jamaïque c?est surtout nos jeunes. Ils ont malheureusement souvent les pieds sur la terre de Martinique, mais la tête sur la côte ouest des USA par exemple, langage, tatouage, comportements, la conduite automobile avec le siège abaissé, le gun, les chaines en or et tenue vestimentaire (chaud) annoncent la couleur. Ils veulent vivre comme les gars de la côte ouest. Les conséquences sont là, pas assez d?implications dans les réalités de notre île.

Quatrième exemple ; à noël il suffit de regarder la décoration à base de neige artificielle, traîneau, sapin et autres alors que la neige n'existe pas aux Antilles. Autrement dit, depuis gamin notre regard est dirigé ailleurs, nous avons les pieds dans les îles, mais la tête ailleurs. Donc, ne soyons pas étonnés de voir des jeunes avec des pull et sweat à capuche sous un soleil de plomb.

D'autres exemples sont là pour nous rappeler que nous manquons d'implication dans les réalités de notre île, parmi ceux-ci ; la préparation d'une autosuffisance alimentaire et une autosuffisance énergétique, la gestion de l'eau (la non construction de barrages et retenues d'eaux), l'émergence de nouveaux métiers en rapport direct avec nos réalités géographiques. Ces questions essentielles pour nous, passent après les querelles politiciennes et les festivités, alors qu'en tant qu'insulaires ces questions devaient être prioritaires. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'en impliquant pas un individu dans ce qui est la réalité d?où il vit, il dévalorise ce qui l?entoure pour valoriser d'autres représentations venues d'ailleurs.

Ce que nous faisons chez nous à du mal à être valorisé, mais une fois qu'il passe par la case France ou ailleurs, il obtient un "label" qui lui permet d'être valorisé chez nous. Le cas du chanteur Cyril est un exemple type, décrié par beaucoup en Martinique, il a suffi qu'il soit reconnu au niveau de la France pour ensuite être reconnu par le plus grand nombre de Martiniquais. Dans les autres corps de métier le constat est le même.

Après le constat de la ? non-implication ?, il s'agit de mettre en place une ou plusieurs stratégies qui serviront à impliquer le plus grand nombre. A mon sens, la plus efficace des solutions reste le porte à porte ou corps a corps, chaque citoyen doit être abordé individuellement, car chaque individu est unique. Je suis conscient que c'est un grand chantier, mais nous avons tout intérêt à le faire. Les campagnes médiatiques ont une portée limitée, pour la raison que je viens d'évoquer. A l'instar de certains groupes religieux et partis politiques lors d'élections qui font du porte à porte pour convaincre, c'est possible d?adopter cette stratégie afin de tenter de convaincre chaque individu de s'impliquer à son niveau dans les réalités de son ile.

Chaque individu doit être valorisé, car il à besoin de l'être, la valorisation par l'implication est très efficace. Je reste à la disposition des citoyens qui voudraient prendre part à la mise en place d?un plan d?action dans chaque quartier.

Antoine BRACAT

Elbaz    01-12-2008 à 10h14

Bonjour Antoine,
et bravo pour cette initiative qui mérite d'étre suivie, mise en actes,
plutôt qu'en paroles!!

Cordialement

Elbaz

Carambole    01-12-2008 à 10h53

C'est la première fois que je lis quelquechose de vraiment sensé au sujet de la Martinique. Si seulement, tous les martiniquais et non-martiniquais se donnaient la main pour oeuvrer et non tout critiquer.

Noël approche, pourquoi vouloir ajouter la fausse-neige au sapin. D'ailleurs il n'y a pas de sapins en Martinique. Je le disais sur un autre post, avant c'était une branche d'arbre local qui nous servait de sapin et c'était super.

Robert    01-12-2008 à 11h15

Bravo Antoine, j'espère que beaucoup de monde lira ton post

Cyrille    01-12-2008 à 11h40

Ce texte est très bien fait je suis d'accord avec beaucoup de choses sauf une !

on ne empêcher les gens de s'ouvrir au monde qui les entourent

nous mêmes en métropoles, nous nous sommes beaucoup ouverts aux traditions des autres, quelles soient culinaires, vestimentaires ou autres..

un pays ou une île renfermée sur elle même ce n'est pas toujours bon à condition de garder et de mettre en valeur ses propres traditions évidemment.

c'est juste mon point de vue

bonne journée à tous

Carambole    01-12-2008 à 11h51

Cyrille, on peut s'ouvrir au monde sans perdre sa propre identité.

Cpaca    01-12-2008 à 13h43

Mois je pensais que caf, Cmu, allocs, rmi, chômage Sécu, primes scolaires, fête Noël, autres aides, allaient être abordés, que les Carabéens allaient décidés de refuser ce fric que les travailleurs ont de + en + de mal a assumer, ces taxes les mettant de + en + dans la dèche, que nenni, pourtant cette manne métropolitaine gonflent le porte-feuille des îles, simple exemple visble, les 1er de chaque mois dans les super-marchés, d'accord avec Antoine, mais et la réprocité ?
Et pourquoi pas un référendum ?

Cyrille    01-12-2008 à 15h12

Et bla bla bla, et bein ce serait joli si on supprimait tout tiens !! pfff

enfin bref je préfère passer...

ok avec toi carambole !

Carambole    01-12-2008 à 17h49

Exact . Bla bla bla. Tu n'étais pas né que ces ïles dont tu parles étaient déjà françaises

Cpaca    01-12-2008 à 20h16

Quelques vérités,mais ça bloque la glotte !

Philippe*    01-12-2008 à 22h19

Marie jeanne est ds la coin ????

Emmalou    01-12-2008 à 23h56


Bonsoir,

Si cela pouvait se mettre en place....

C'est bien de souhaiter la valorisation de l'individu pour le faire bouger, mais chacun a une conscience, si la conscience individuelle ne se manifeste pas, comment réveiller la conscience collective????

Je ne pense pas que la seule valorisation de chaque individu permette ce réveil de conscience.

Je crois que malheureusement, c'est une vaste utopie.

Les martiniquais voient leur île crouler sous les ordures, on rentre dans une politique de moins de sachets, mais cela n'empêche pas les plus jeunes par exemple de jeter leur bouteille de soda à même la route, et là, c'est de l'éducation basique.

On ne peut pas tout faire à la place des personnes, on ne peut pas toujours agir comme si la plupart de nos concitoyens étaient des handicapés et avaient besoin de canne pour arriver à marcher ou de lunettes pour voir ce qui leur crêvent les yeux, l'assistanat ne règle pas les problèmes, il les endort.

Je ne vois malheureusement pas d'issue pour une prise de conscience collective, je ne suis pas très optimiste, mais cela est généralisé, je ne stigmatise pas la Martinique.

Nous sommes dans un monde du chacun pour soi, de la consommation à outrance où posséder est synonyme d'être, et où nos maisons commencent à ressembler à des "bunkers" bien hermétiques, avec tout ce qu'il faut à l'intérieur, et où l'on ne se tourne plus vers l'extérieur par crainte de l'autre, de ce qu'il peut nous enlever, ect...

On laisse par terre ceux qui ont du mal à vivre, on ne tend plus ou si peu la main, et surtout, surtout on se protège, comme si l'autre était un danger permanent.

Alors, les martiniquais revendiquent une vie à la métropolitaine (et c'est bien légitime, il sont français et ont le droit aux mêmes avantages que les français métropolitains), même si celle ci ne sert pas l'île en elle même, elle sert les individualités, et cela suffit pour beaucoup.

Quant à faire le tour de son quartier, je m'inscrirai bien sur les listes, mais qui suis je pour me permettre d'ouvrir les yeux à d'autres? comment sera perçu cette initiative?

Je souhaite de tout coeur que votre initiative trouve des écoutes favorables, et des personnes se sentant capables d'assumer ce genre de démarche, je suis de tout coeur avec vous, et espère que mon pessimisme n'est qu'une erreur d'appréciation de ce que je vois sur cette île magnifique depuis maintenant plus d'un an.

Bonne chance dans votre démarche.

Cordialement

Attila    02-12-2008 à 13h56

A l'échelle de la Martinique on voit les stigmates du sous-développement et je n'ai aucune honte d'être Martiniquais pour celà ! L'esprit de responsabilité ne passera pas par des mots mais par des actions concrètes, individuelles. Le seul moyen de faire passer les choses, c'est la relation directe de personne à personne.
La seule facon à mon avis pour que les gens s'organisent ensuite collectivement.
L'avenir s'annonce prodigue pour certains , et forcémment précaire pour d'autres.
Aujourd'hui comment poursuivre la dynamisation culturelle ? via une enveloppe attribué par Bruxelles ? je n'y crois pas !
On assiste ici à des formes plus ou moins lâches de mobilisation collective, avec des syndicats hors-jeu ... qui cèdent peu à peu du terrain.

- Qu'est ce qui a réellement changé depuis ces dix dernières années ? on a pas de programme, pas d'acteur central, pas d'utopie explicite ...
... si on a une légitimité institutionnelle pour des citoyens devenus des administrés !!!

Attila    02-12-2008 à 14h00

Je viens de te relire Emmalou (j'avais lu en travers), je partage tes opinions - toujours sensées

Antoine    03-12-2008 à 03h21

C'est personne après personne qu'il faut convaincre, d'ou l'importance du porte à porte ou "corps à corps". Au fait, j'ai oublié de poster mon adresse sur zananas: antoine.bracat@hotmail.com

Sinon, pour info, bonne nouvelle, je suis contacté par de nombreuse personnes qui veulent prendre part à cette initiative. Je vous tiens au courant de l'évolution des choses.

Cordialement
Antoine

Daniel    03-12-2008 à 06h43

Je pense qu'une idée est d'investir les médias,ou au moins un pour faire valoir ces idées de développement économique.
Car tout est trop acces sur le culutel...
Il faut dire que ça interesse plus.
Mais si on peut parler des débouchés productifs vers lesquels les jeunes pourraient s'y retrouver en terme de formation...
C'est vrai que j'ai peur qu'avec toute la volonté,cela ne suffise pas à nous rendre indépendant de l'aide économique de la métropole.
Mais ça peut limiter la casse.
D'accord pour les constructions anti-sysmiques,c'est vital à tres long terme.
J'aimerai voir se développer davantage les toitures solaires,pour plus d'autonomie énergétique;ainsi que les véhicules électriques qui dépendraient d'une installation de ce type,et qui seraient moins polluantes...

Emmalou    03-12-2008 à 14h07


Antoine,

Encore bonne chance dans ta démarche et le déroulé de ton projet.

Oups!!!    03-12-2008 à 21h34

J'entends que la métropole n'est pas un exemple, mes quel métropole, ce qui connaisse savent qu'il n'y a pas une métropole mes une diversité de coutume, de racine, de langue, de cuisine, d'habitude, et la Martinique et une des centaines de région avec sa culture, comme la culture basque , corse, provençal, bretonne etc.... également réunionnaise, guyanienne, on peu même rajouté st pierre et Miquelon, nouvelle Calédonie, tahitie etc.... quel France n'est pas un bon exemple, au contraire je pense que l'on peu s'inspirer de ce qui c'est déjà fait, et qui marche, voir ce jumelé avec d'autre région pour ce rapprocher evité des piege et faire connaitre nos tradition pour quel ne meure pas par ignorance,

Attila    04-12-2008 à 19h59

Oui la Dysneilandisation n'est pas propre à la Martinique

Antoine    06-12-2008 à 11h13

Parution la semaine prochaine de mon livre intitulé "Urgence le vivre ensemble", il sera disponible également en version audio. A cette occasion, j'aimerais rencontrer les associations de l'île. Si vous faites partie d'une association, n'hésitez à me contacter.

antoine.bracat@hotmail.com

06 96 22 41 21


Le 13 Décembre, je vous donne rendez-vous au centre commercial Géant Batelière de 10h à 13h, j'y serai en compagnie de nombreux écrivains Martiniquais. A cette occasion nous signerons nos livres, une partie des sous sera reversé au Rotaract. C'est une manifestation qui à pour but de récolter des sous afin de permettre à certains enfants défavorisés d'avoir un noel plein de rêves. C'est une organisation Rotaract de fdf, avec a sa tête Isabelle une jeune fille très dynamique. J'espère vous voir nombreux, à cette occasion nous pourrons faire connaissance.

Seront présents à cette séance de signature:
Tony DELSHAM, Joby BERNAB?, Raymond ROSAMOND, Sabine ANDRIVON - MILTON, Antoine BRACAT, Michel LUKUBER, Christian BARDOL, Huguette BELLEMARE, Mireille DESROSES-BOTTIUS, JALA, GINOUX, Emile PETIT, Serge RESTOG et Léone VENTADOUR

Kailibandjo    26-11-2012 à 14h21

Quoi de nouveau a l'est, depuis ce constat au demeurant fort explicite ,4 ans ont passé !!!!!!!!
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