• Ancien théâtre de Saint-Pierre
  • Le front de mer

Saint-Pierre

Saint-Pierre ravagée par l'éruption de 1902 est sans doute la commune la plus attachante de l'île avec ses vieux vestiges, sa baie magnifique et les vues somptueuses sur les contreforts de la Montagne Pelée. Nombreuses possibilités de randonnées et d'activités nautiques.

Rayée de la carte par l'éruption volcanique la plus meurtrière à ce jour, Saint-Pierre n'a jamais recouvré sa puissance passée. Progressivement reconstruite et déblayée de ses cendres, l'ancienne capitale économique des Antilles Françaises est aujourd'hui, une modeste commune de moins de 5000 habitants. La vie s'y écoule paisiblement, au milieu de vestiges témoins à la fois, de la richesse disparue du "Petit Paris des Antilles", et de la violence de la catastrophe.

A voir, à faire ...

Aujourd'hui, Saint-Pierre offre aux visiteurs des promenades pleines de charme et d'émotion. Les ruines des quartiers du centre et du fort avec les façades encore debout des maisons de commerce, l'escalier du théâtre, l'église, la maison coloniale et la rue Monte-au-Ciel valent notamment le détour.

Le théâtre

Construit à la fin du XVIIIème siècle sur le modèle du grand théâtre de Bordeaux, le théâtre de Saint-Pierre témoigne de la richesse de la ville et de sa vie culturelle. Des spectacles, des concerts y sont donnés par des troupes locales ou de métropole. Il sert aussi de lieu de réunion. Pendant la période politiquement agitée qui suit l'abolition de l'esclavage en 1848, de nombreux orateurs viennent y haranguer le public. Lourdement déficitaire, le théâtre est fermé en 1901. Un an avant l'éruption. Il en reste aujourd'hui, un magnifique escalier, et les vestiges des loges du parterre et de la scène.

Le cachot de Cyparis

Juste derrière le théâtre, ce trouve le cachot entièrement intact de l'ancienne prison. C'est là que quatre jours après la catastrophe les sauveteurs entendirent les appels désespérés de Cyparis et le secoururent. Emprisonné à la suite d'une rixe, l'unique survivant de Saint-Pierre doit la vie aux lourds murs de pierre du cachot, et à son orientation, dos au Mont-Pelé, qui le protégèrent de la nuée ardente. Gravement brûlé, Cyparis est enrôlé par le cirque américain Barnum, pour être exhibé de part le monde comme un phénomène de foire. (Certains mettent en doute cette version de l'histoire. Voir encadré.).

Les maisons de commerce du Figuier

Face à la rade se trouvent les ruines d'anciens établissements de commerce dans lesquels étaient entreposées les multiples marchandises qui transitaient par le port de Saint-Pierre. Protégés en partie par la Batterie d'Estnoz lors de l'éruption, les murs ne furent pas soufflés par la nuée ardente et sont encore visibles aujourd'hui. C'est ici que commence le circuit du Cyparis Express.

La rue Monte au Ciel

En traversant la rivière Roxelane par le Pont de Pierres, unique édifice rescapé de l'éruption, vous accédez au Quartier du Fort. C'est ici, entre les ruines de l'ancienne église et de la Chefferie du Génie, que se trouvent les sites les plus attachants de la ville. Les vestiges de la rue Monte au Ciel, en particulier, ne manqueront pas de vous charmer. Cette ancienne ruelle en escalier gravit à flanc de colline, les hauteurs du nord de la ville. Bordée par des maisons et des petits immeubles de rapport, dont il ne reste que des pans de mur, elle est connue à l'époque pour être un lieu particulièrement animé, apprécié des marins, des dockers et des soldats nombreux à arpenter le quartier. (Voir encadré). Déblayée et restaurée en 1991 par une équipe d'archéologue, elle témoigne avec la rue Levassor, du niveau de vie et de confort atteint par la ville de Saint-Pierre, Le sol est pavé, des lampadaires assurent l'éclairage public, de large caniveaux évacuent les eaux usées et les trombes d'eau des pluies tropicales.

La Maison Coloniale de Santé

La rue Levassor vous permet de rejoindre, à quelques centaines de mètres, les ruines de la Maison Coloniale de Santé. Construite en 1839, la maison de santé est le premier hôpital psychiatrique des Antilles. Les soeurs de Saint-Paul qui le dirigent emploient pour soigner les malades, une méthode novatrice : l'hydrothérapie. Le patient est plongé dans des bains d'eau fraîche en provenance des sources du Mont-Pelé, attaché pour être douché au jet, puis cloîtré dans sa cellule. Traitement brutal, mais en progrès, comparé au moyen âge, où les médecins vous incisaient la boîte crânienne, à la recherche d'une pierre, la "pierre de la folie", supposée être source de votre maladie.

La Chefferie du Génie

Juste en face de la Maison Coloniale de Santé, se trouvent les bâtiments de l'ancienne Chefferie du Génie. Les hommes chargés de la construction et de l'entretien des ouvrages civils et militaires y avaient établis leurs quartiers et y entreposaient leur matériel. Le site a été dégagé récemment (1987) par des archéologues qui poursuivent encore aujourd'hui leurs travaux. Le bâtiment principal a été complètement restauré, et les bassins du jardin dégagés.

L'église du Fort

De l'ancienne église du Fort, surplombant la mer, ne subsiste qu'un tas de ruines envahie par les herbes folles. Les fondations sont encore visibles, des chapiteaux et des colonnes renversés jonchent le sol et témoignent de la violence de l'explosion. La construction était solide, mais ne fut d'aucun secours aux nombreux fidèles qui s'étaient réunis là, apeurés par les premiers signes d'activité volcanique, priant jour et nuit pour leur salut.

La Cathédrale et le Cimetière du Mouillage

Beaucoup d'autres habitants de Saint-Pierre moururent, surpris dans leurs prières, au milieu des ruines de la cathédrale en feu. Depuis l'édifice a été reconstruit à l'identique (1924) grâce à la contribution financière de Victor Depaz, seul rescapé et riche héritier de la famille exploitant l'habitation du même nom. Derrière la cathédrale, se trouve le grand cimetière du mouillage et son ossuaire où furent rassemblées les dépouilles des victimes de l'éruption.

Sites à visiter
Colonne de distillation de type créole

Distillerie Depaz

Objets retrouvés après l'éruption de 1902

Musée Frank A Perret

En savoir plus

Histoire de Saint-Pierre

La rade de Saint-Pierre en 1874 C'est à Saint-Pierre que les premiers colons s'établissent en 1635. La ville va servir de point de départ à la conquête de l'île. Rapidement, elle s'étend. Le commerce du sucre de canne est florissant, celui du "Bois-d'Ebene" aussi. Son port franc attire navires et riches négociants de toutes les nations. L'escale est connue de toute la caraïbe pour sa joyeuse animation.

Eruption du Mont Pelé en 1902

L'éruption de 1902 vue du Gros-Morne Rien dans le passé du Mont-Pelé ne laissait présager une éruption aussi dramatique. Les quelques phénomènes volcaniques observés de-ci, de-là, n'ont pas convaincus les habitants de l'importance du danger. Pourtant, le 8 mai 1902, le cratère explose. En quelques secondes, une nuée ardente rase toute trace de vie sur 60km2. 30000 personnes périssent.

Photos de Saint-Pierre avant l'éruption de 1902

Le marché de Saint-Pierre Photos et cartes postales anciennes de la ville de Saint-Pierre avant l'éruption du 08 mai 1902.

Photos de Saint-Pierre après l'éruption de 1902

Les ruines de Saint-Pierre Photos et cartes postales anciennes de la ville de Saint-Pierre après l'éruption du 08 mai 1902.
Photos de Saint-Pierre

Cyparis. Survivant ou affabulateur ?

Cyparis passe pour être le seul survivant de la catastrophe de Saint-Pierre. Prisonnier, protégé par son cachot, il aurait échappé au massacre. Certains, dont le journaliste du Petit Paris dépêché sur place après l'éruption, ne croient pas à la version de l'homme miraculeusement sauvé des décombres. Que Cyparis ai pu survivre à la chaleur dégagée par la nuée ardente puis à quatre jours de jeune, leur semble impossible. Ils penchent plutôt pour la thèse d'un pillard surpris dans sa maraude, inventant ce conte pour se disculper. Le Président de la Cour d'Appel mettra fin à cette polémique en confirmant que Cyparis était bien enfermé dans son cachot dans la nuit du 7 au 8 mai.

La rue Monte au Ciel

"Là, s'amusaient rageusement, la populace, les marins et les soldats de passage dans la ville. Ils s'y livraient à d'effroyables orgies, à des bacchanales impossibles à décrire. Le bal finissait ordinairement par des bagarres formidables, des combats à coup de triques, de verres et de bouteilles! Très dangereux durant la nuit du samedi, le haut de cette rue!"

Salvina, "Saint-Pierre : La Venise tropicale (1870-1902)"

Informations pratiques
Nom des habitants de Saint-Pierre: Les Pierrotins
Population 2014 : 5000
Code Postal : 97250
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Carte Saint-Pierre

Saint-Pierre